Existentialisme du vendredi

Enfin, une date de mise en ligne pour “Chez Jules” - le 6 juin.

Oui, comme le débarquement allié en Normandie pour libérer la France de l’occupation.

Nous, modestes, on ne va libérer personne. On a pris de l’expension territoriale par contre!

“Chez Jules” est sorti des toilettes pour monter s’épivarder en terrasse. C’est si joli, l’été, une terrasse dans un jardin!

À l’automne, pour sûr, on aura envahi les cuisines et à Noël, on sera forcément sur le toit du restaurant en train de se bourrer la gueule aux bulles, bien emmitouflées dans nos Kanuk de poils.

La nature étant ce qu’elle est, et ayant des besoins parfois pressants, il faudra toujours toujours retourner aux toilettes! C’est notre coeur, notre vie et notre lavabo chéri.

En attendant, je me fais poser la même question partout; “mais pourquoi tu l’as pas fait pour la télévision, t’as déjà écrit sur plein de séries”?!?

Des producteurs, des amis, des journalistes, des collègues. Certains me trouvent visiblement complètement barjo. Ils n’ont pas tort… Non seulement je ne suis pas payée, mais je paye pour travailler.  Blond. My name is  Blond.

Des fois je pense que c’est pour échapper au mode institutionnel et aux papas qui veulent toujours avoir raison.

Mais quand j’ai bu trois verres de pino grigio, je sais que c’est parce qu’ici, je me suis fait des amis. Et que travailler pour faire rire mes amis, it’s f… priceless comme dirait Master Card!

Puisqu’on est dans la vie de couple

Intellexuelle a “pondu” - si j’ose dire, un délirant billet “full” scatogogo.

En plus elle c’est vrai. J’adore.

Iron Baby

Ceci est une vie de couple tout à fait fictive. J’insiste.

INT. AUBE - LA CHAMBRE D’AMIS OÙ IL Y A TELLEMENT DE BORDEL QU’IL N’Y A JAMAIS D’AMIS

Café, cigare, Iron Man travaille, scrutant trois écrans en même temps. Iron Baby entre en Iron Baby Doll.

- Chéri, j’ai décidé de devenir masculiniste.

Iron Man ne lève pas le nez de son dessin trois “D”. Iron Man en a vu d’autres.

- Très bien mon bébé, masculiniste, super.

- Oui, j’ai entendu une entrevue avec un savant fou qui disait que chaque fois qu’une femme inspire, elle prend l’oxygène d’un homme.

-  Tu sais, mon bébé, c’est pas parce qu’ils ont des diplômes qu’ils disent pas de niaiseries.

- Mais il disait un truc supeeeer intéressant.

Iron Man ne perd pas son flegme. Iron Man connaît les affres d’Iron Baby à l’aube. Il sait qu’il est inutile de contrarier la patiente et qu’il est inutile d’essayer de faire voler des acrobates de cirque à Macao tant que la question ne sera pas liquidée.  Bon, et puis, Iron Baby est tout de même en Iron Baby Doll.

- Qu’est-ce qu’il disait ton Professeur Tournesol?

- Que dans la religion masculiniste, les femmes étaient super puissantes.  Qu’elles avaient des super pouvoirs, comme par exemple décider de la marque des baskets de la petite ou de ce qu’on va manger pour souper.

Iron Man hoche la tête, viril comme le loup qui mène sa meute à la victoire.

-  De la pizza congelée. Voilà ce qu’on va manger pour souper!  Et si tu es masculiniste, je t’annonce que je suis féministe parce que j’ai du poil au mollet et que j’exerce un métier non traditionnel dans un environnement qui pue l’huile à moteur.

-  Et moi, je suis masculiniste parce que je le mérite bien! Moi aussi je veux me changer dans les cabines téléphoniques pendant qu’il en reste encore, grimper des ponts, arrêter le trafic et terroriser les conseils d’administration en body suit rouge moulant. Avec une cape en satin et des Manolo qui crachent le feu dans un duel impitoyable avec les forces du mal au coin de Papineau et Sherbrooke.

-  T’as intérêt à aller te rhabiller. Parce que dans cette tenue frivole, tu n’as absolument pas les qualifications requises pour être acceptée au C.A. des grimpeurs de ponts.

***

Très court!

Je voulais le faire plus tôt. Il y a des mois. J’ai oublié. Grâce aux Soeurs Sisters, je suis retombée dessus le site de ces très courts métrages (moins de trois minutes). Il y en a des délicieux, de tous les pays.

Finalement, je ne sais pas pourquoi on parle de web télé alors que dans la forme et la liberté de contenu, en fiction du moins, on se rapproche beaucoup plus du cinéma indépendant que de la télévision conventionnelle.

Festin

Au matin de l’arrestation de Guy Cloutier, un animateur du matin s’est indigné; “mais voyons, ça n’a aucun sens, il a fait beaucoup pour le  milieu”.

Quelques temps avant, le producteur et imprésario avait reçu le trophée “hommage” de l’Adisq et tout le milieu s’était levé pour un “standing ovation”.

Il est là, l’intérêt du public pour l’histoire de Nathalie Simard. Ce n’est pas elle qui fascine, ce n’est pas son histoire qui intéresse, c’est la nôtre. C’est la subversion de sa dénonciation dont personne ne se remet.

Sa dénonciation, c’est la démolition d’une statue. C’est le chien galeux dans le jeu de quilles. C’est la destruction des apparences d’un  milieu qui se veut une belle famille où tout le monde s’aime et où on reconnait l’autorité paternelle. C’est la fin de la sécurité.

C’est le film “Festen” où le fils se lève et dénonce son père.  Un enfant qui dénonce, c’est la fin de la famille.

Et au Québec, la famille, c’est sacré.

Take me back - série web

Un ami réalisateur, anglo et pas “à la mode”* du tout, est tombé là dessus.

Pour le moment, je capote pas sur l’histoire (mais je capote pas sur “Heroes” non plus, je ne suis pas du tout un critère…) mais la facture est vraiment très belle. Très “fifties”. Lumière, cadrage, découpage, il y a un esthétisme volontaire et évident.

Et puis, se lancer dans le fantastique sur le web, c’est franchement audacieux!

* Pas “à la mode” est ici un compliment.

Les bons coups de nos amis sont nos bons coups

Un article de Tristan Péloquin ce matin dans la Presse sur la nouvelle vie de Dominic Arpin, ce délicieux fondant au chocolat…

En télévision, un milieu où une meute de loups affamés se battent tous pour une minuscule poule rachitique et ayant connu des jours meilleurs, la solidarité est mise à rude épreuve. Pas impossible mais disons qu’il faut la cultiver à l’engrais transgénique. Ce n’est pas le manque de générosité des créateurs - c’est le système même qui a tendance à pourrir les rapports.

Sur le web, où il y a de la place pour tout le monde et où, à condition de se mettre au travail, la chance appartient à ceux qui veulent s’en saisir, on assiste à un retour du chaleureux, du convivial, de l’envie de voir l’autre réussir…

Ainsi, le Grand Prix Archambault remis à Caroline l’Indigne a fait la joie de la blogosphère. Nous nous réjouissons de la mise en nomination aux Prix des Libraires de Pierre-Léon, notre taxi de nuit. Les bons coups de nos amis sont nos bons coups.

Et si ce n’était que de prouver à Félix Leclerc qu’il existe un endroit où notre plaisir n’est pas “de voir l’autre se casser le cou” - le web aurait déjà accompli beaucoup.

Semis de culture

C’est le printemps. Semons.

À la Tohu, une exposition magnifique et lumineuse dans un lieu magnifique et lumineux.

Livré par le facteur ce matin “The gang that wouldn’t write straight” - l’histoire de quelques illuminés allumés - et des fois carrément dopés - qui ont changé le journalisme en Amérique; Wolfe, Thompson, Didion, Capote, Mailer…

Et “Swimming in a sea of death” - de David Rieff sur la mort de sa mère, un monstre, une femme, une essayiste formidablement douée, Susan Sontag. Je dois ma découverte de Sontag à Paule Baillargeon, que je ne remercierai jamais assez.

Add. Et une autre vision de Sontag, chez Assouline.

Vive la Chine liiiiibre!

Le site de Radio-Canada était peut-être inaccessible en Chine mais “Lord of Warcraft“?

Absolutely no problem!

Les joueurs ont un serveur chinois qui est ouvert comme une auberge espagnole et libre comme un balcon Gaulois.

C’est ben pour dire…

L’information, c’est comme l’amour, c’est pas parce que c’est “sérieux” que c’est là que ça se passe.

Les enfants de nos vies

Intellex a écrit un billet là là… Comme dirait Avard, “parce que c’est aussi ça la vie”.

J’étais belle mère à dix-huit ans. D’un petit Frédéric de six ans, tendre, fragile et anxieux. Je débarquais en Bretagne, il m’a fait connaitre les bateaux dont il connaissait tout, les glaces Miko, les tables bancales, le stress du CP1 et les joies de prendre soin d’un plus petit que soi. Un petit français en pull marin. Quand j’ai quitté son père, je n’ai eu qu’un regret, Frédéric.

J’ai refais ma vie à Montréal, lui a continué la sienne sur les rives du golf du Morbihan.

Et puis, l’été de ses dix-sept ans, il est venu voir de quoi il en retournait en terre d’Amérique. Il a passé l’été chez nous, nous avons repris la conversation là où nous l’avions laissée.

Il est devenu notaire maritime, il s’est marié, il a un fils.

Et j’ai compris un truc; on n’est pas “un rôle”, ni mère, ni belle-mère, ni blonde de, ni quoi que ce soit.

On est là, avec cet être là, ou on n’y est pas.

L’amour est conditionnel aux affinités, comme avec les grands.

*** Add: il arrive que je fasse mal les mises en lien, pardonnez-moi.

Metropolis

Des cinéastes hollandais ont fait un portrait de notre Pierre Léon, écrivain, blogueur, taximan amoureux de la métropole et de sa faune.

Ça se sent dans ses écrits, ça se voit dans son visage - Pierre Léon, c’est la dignité tranquille de l’humaniste qui garde sa morale là où elle doit être; bien au chaud, à l’intérieur, solide et pudique.

Une ville, c’est aussi le meilleur de ses habitants.

Ambivalence équitable

Je ne sais pas trop quoi penser de cette tendance équitable…

Pour qui connait le moindrement l’Afrique et ses milles corruptions du quotidien - tout le monde sait que la certification équitable du café “s’achète” et que les petits exploitants et coopératives locales n’y ont pas accès tout simplement parce qu’ils n’en ont pas les moyens.  La certification est donc, ô paradoxe, un obstacle de plus pour ceux qui en auraient vraiment besoin et qui sont des entreprises familiales et équitables de fait.

Pour le chocolat, je ne sais pas. Mais chaque fois que j’achète de l’équitable, il est dégueulasse: cireux, rance et sec.

Bref, j’essaie très fort d’être “pour”…  et je ne suis toujours pas convaincue.

Vous avez des suggestions?

Zéro seconde - la minute du consommateur

Un billet de Martin Lessard sur nos habitudes de consommation sur internet…

Si si, je le lis! Je ne jure pas que je comprends tout ce dont il cause (duh?), mais je le lis!

Et quand je comprends, je me couche moins niaiseuse. C’est dire à quel point il contribue à l’édification des masses.

Ah. D’habitude, c’est Amazon et I Tunes qui ont mes faveurs, mais là, grâce au Elle Québec du mois de juin, ce sera un chouette site d’ustensiles de cuisine…  olé olé  www.comeasyouare.com

Ah ben baptême!

Version brute de “Eureka”!

Je viens de comprendre pourquoi je fais ça…  La web fiction est au cinéma ce que le quickie est à l’amour.

Comme dirait l’autre, c’est pas parce qu’on n’a pas le temps de faire long que c’est pas bon!