Des nouvelles de Simon…

Katia Gagnon, la seule fille qui me fasse régulièrement pleurer alors que je ne l’ai jamais rencontrée, nous donne des nouvelles de Simon, ce petit garçon qui a trouvé, temporairement, refuge à L’Escargot.

Devenir “famille d’accueil” ou “famille adoptive” demande beaucoup d’humilité. Vous êtes examinés sous toutes vos coutures, psychologiques, conjugales, financières et physiques. On vous pose des questions sur votre vie sexuelle, votre consommation d’alcool, votre parcours professionnel. On vient chez vous voir si votre maison est apte à recevoir un enfant … ( merde, y’a plein de moutons de poussière en dessous des pieds de la T.S.)!

Le processus est long, rigoureux, exigeant.

Avec raison. Ces enfants là sortent justement de l’héritage souvent épouvantable de leurs “parents” biologiques.

Pourtant, c’est drôle, dans tous le discours sur la maternité et la paternité, dans l’annuel hommage sirupeux  de l’incontournable “fête des mères” - la fête des pères est toujours moins glucosée, allez savoir pourquoi - il n’y a pas souvent d’histoires de “parents de la deuxième chance”…

Vous me le rappellerez, voulez-vous?

Juliette danse et Isabelle préside!

Deux bonnes nouvelles, qui viennent de deux françaises audacieuses…

Juliette Binoche danse!  Elle le fait avec le très beau danseur et sensuel chorégraphe Akram Khan.

Et Isabelle Huppert sera présidente de la prochaine édition du Festival de Cannes. Les femmes qui l’ont été se comptent “sur les doigts de la main de Django Reinhardt” (inutile d’aller chercher le nombre exact, c’est une figure de style pour dire que le cinéma français ne bouge pas si vite que ça)…

Elles ont en commun de prendre des risques. À répétition.

Des risques avec de réelles possibilités de difficultés et d’échecs. Elles osent, acceptent de tourner pour de jeunes réalisateurs inconnus, venant de contrées à la cinématographie insolite et riche.

Chacune à leur façon, elles plongent, elles volent.

Ah, c’est plaisant!

Partir…

C’est dans ces moments-là que j’envie profondément ceux qui ont une permanence et qui peuvent prendre le téléphone pour demander; “Boss, je peux aller à Gaza”?

Pas pour la paye régulière - même si - pas pour le plan dentaire - quoi que - pas pour les bénéfices marginaux, ben non.

Juste pour appartenir à une boite assez grosse pour me payer un billet pour Israël avec le seul mandat d’aller ramasser des histoires.

Oui, il y en a ici aussi des histoires. Mais c’est en se colletaillant avec celles d’ailleurs qu’on comprend mieux les nôtres.

Fait divers

Un 2 janvier, neige fine, froid humide, l’heure grise, 15H00 et des poussières.

Sur St-Hubert, direction sud, une voiture noire modèle sport roule vite. Trop vite. Pas trop vite comme “j’ai seize ans et je me prend pour un champion”, non. Trop vite comme dans “je me pousse”…

De quoi, on sait pas. Un deal de dope qui a mal tourné? Un vol de voiture? Un hold-up?

Le cul de la voiture noire commence à “slider” sur la mince couche de poudreuse. Au lieu de ralentir, il accélère. Dérape. Frappe le phare avant d’une première voiture jaune moutarde qui va revoler sur le trottoir de St-Hubert. Puis, encore plus fort, frappe de plein fouet une Toyota blanche, enfonçant tout le devant, la porte du conducteur, allez donc.

Dans la Toyota, un petit monsieur tout frêle ne bouge pas. Vietnamien probablement. Un adolescent - son fils? - est avec lui, indemne. Il parle au vieux.

Le chauffard sort de sa voiture. Un grand six pieds, mince, noir, jacket tout ouvert, sur l’adrénaline au bout. Il hésite, nerveux, des yeux tout le tour de la tête. Une bête prise au piège. Je penche pour le deal de dope qui a mal tourné.

Dans l’affolement du moment, les rares témoins sont surtout préoccupés d’avertir les secours pour le vieux monsieur vietnamien, toujours au volant de sa voiture. Il a repris conscience, mais il est sonné. Il a mal au cou.

En une fraction de seconde, le chauffard n’est plus là. Il s’est poussé, à pieds. Ça se peut, un hit and run à pieds? Faut croire que oui…

Il a abandonné sa voiture dret-là, les portières grandes ouvertes, les clés dedans. Les sacs gonflables sont déployés, d’un bleu turquoise laid et cheap qui fait penser aux “piqués” d’hôpitaux. Ça protège? Vraiment? Vous m’en direz tant.

La police, l’ambulance, les pompiers. Cinq minutes ils ont mis. Max. Le vieux monsieur est déjà solidement attaché sur la civière.

Une jeune policière framée comme un chat, mais musclée comme une danseuse prend les dépositions. Une belle grande fille, “narfée”. Top shape dans ses kakis moulants. Son visage respire la vivacité.

Je la vois hésiter - oh une fraction de seconde, un instant, un battement de cil - quand vient le temps de confirmer la description physique du fuyard.

De “race noir”? me demande-t-elle, avant de le noter soigneusement sur son carnet, avec son Bic bleu.

Ben oui. De race noire. J’ai failli ajouter “désolée”… Et en un battement de cil, oh presque rien, une hésitation, une gêne, j’ai senti que depuis l’affaire Villanueva, ça ne devait pas être fête tous les jours au sein du corps policier montréalais…

Bon, à part ça, je vous souhaite une belle année. Puissiez vous être au chaud, tout en gardant le coeur et l’oeil ouvert.

Le Père Noël est une ordure et la fée des étoiles est une traînée!

Ah. Avouez que déjà ça va mieux côté “pression sociale”!

Je vous souhaite un magnifique Noël, doux au coeur, chaud à l’intérieur et bien bourré si vous êtes à pieds.

En attendant, voici un autre fabuleux extrait du film, écrit et joué par la bande du Splendid: “Oh une serpillère, il me manquait justement quelque chose pour sortir les poubelles”!

Du côté de chez Pat

Patrick Lagacé pose une question torrieuse qui résume bien la difficulté de l’exercice “synthèse”.

D’après vous, quel est le mot qui résume le mieux l’année 2008?

Les réponses sont souvent très drôles!

Mon top 10. J’adore les top 10 ces jours-ci.

1. Obamania

2. Proroger (le paiement de mes impôts par exemple)…

3. Julie - comme dans “vamp de destruction massive dans une robe léopard”.

4. Coalition.

5. Confit (ben oui, quoi, y’a pas que la politique dans la vie).

6. Love - comme dans “all you need is” et comme dans “The Beatles meets the Cirque”.  Si vous n’avez pas encore vu “all together now” allez le louer. Juste pour voir Sir Paul chanter en même temps que la bande sonore du Mirage.

7. “Change”. En anglais. À l’impératif présent.

8. 2.0… comme dans “échange” - ce qui devrait aller avec le “change” ci dessus mentionné.

9. Batman, comme dans Heath “Joker” Ledger… Too soon.

10. Paul, comme dans Newman. Forever.

…  À vous d’aller ajouter votre mot chez Patrick!

Hum, que ça sent bon l’boudin grillé!

He oui, c’est la Charlotte de Notre Dame!

C’est Nathaly, une lectrice épuisée par la vie de pigiste, qui m’avait fait ce commentaire sur  un très court billet mettant en vedette la vitrine du magasin Ogilvy… Je n’arrivais pas à me l’enlever de la tête.

Voici la “vraie” Charlotte, une trainée, une gueuse, ayez pitié bonnes gens.

Quelque part en Gaspésie chez Joblo…

J’y ai fait la connaissance du Père Lacroix.

Ce matin, chez Josée - qui a le plus beau coffre à bijoux dont une femme puisse rêver, des amis étonnants, pénétrants et chaleureux - le Père Lacroix a eu cette phrase: “les êtres humains sont plus beaux que leurs actes”.

***

Mark Felt

Deep Throat, 95 ans, vient de mourir.

Il avait permis à Bernstein et Woodward, les deux journalistes du Washington Post, de faire éclater le scandale du Watergate.

Et il a mis trente ans avant de dire que c’était effectivement lui…

Pop Neige

Pour retrouver la couleur, le Musée des Beaux Arts… Warhol.